mardi, mai 30, 2006

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Ces informations du Monde.fr vous sont envoyées par pierrecurie21@wanadoo.fr.

Le Synode national de l'Eglise réformée de France s'engage contre la loi Sarkozy sur l'immigration.

pierrecurie21@wanadoo.fr


L'Eglise réformée de France s'alarme du projet de loi sur l'immigration
LE MONDE | 29.05.06 | 13h58

'Eglise réformée de France (ERF), principale branche du protestantisme français, a adopté au cours de son synode annuel, qui s'est tenu à Paris du 25 au 28 mai, un voeu s'inquiétant du "durcissement des lois concernant les étrangers" et "des méthodes parfois indignes mises en oeuvre en matière de lutte contre l'immigration irrégulière". Le synode demande aux fidèles protestants de "s'informer sur les lois relatives aux étrangers et leurs conséquences pour se faire une opinion personnelle, d'être attentifs aux étrangers qu'ils côtoient près de chez eux, dans leurs paroisses, au travail".


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samedi, mai 27, 2006

PIERRE CURIE ...A L'ECOUTE .....



J'avais ouvert un 1er Blog le 26 mars 2006, mais une malencontreuse manipulation avait déconnecté ce Blog : c'est pourquoi ce 2ème Blog (même titre, mais modèle différent) a été mis en place, sous : http://pierrecurie.blogspot.com.

Toutefois, mon 1er Blog peut toujours être consulté, sous : http://pierrecurie21.blogspot.com On y trouvera, en particulier, les thèmes suivants :

- La situation du Proche-Orient est préoccupante.
- Une carte interactive du journal "Le Monde".
- Le Contrat Premier Emploi : ce que nous voulons.
- Le Pouvoir et la Rue.
- Le berceau de ma famille CURIE à Montbéliard au 16ème siècle.
- La Laïcité : quelle liberté ?
- Le Roman de Marie-Madeleine (7ème Acte) d'Ennio FLORIS.
- Pâques : "ils ont vu le tombeau vide!..et ils ont cru qu'il était ressuscité."
- Le Conseil des Eglises chrétiennes rend publique la lettre du 25 avril 2006 au Premier Ministre.

LE BON VOULOIR DU PRINCE....


SCANDALE AU SOMMET.....

Décidément, Jacques CHIRAC n'en rate pas une à la fin de son règne ! Il grâcie un copain, Guy DRUT, délinquant et condamné par la Justice française... Et le seul à l'approuver, c'est son "ombre" et son "mentor" : Dominique de VILLEPIN....

vendredi, mai 26, 2006

LA CIMADE ET L'IMMIGRATION


INTERVIEW DE JEROME MARTINEZ (extraits)
(Délégué régional d'Ile-de-France de la CIMADE)

Question : "Votre travail a-t-il changé depuis le vote des lois Sarkozy sur l'immigration ?"

Réponse : A la CIMADE, nous sommes présents sur le terrain. Notre travail est de plus en plus difficile depuis quelques années à cause de l'accélération des procédures. L'administration n'a plus le temps de réexaminer les situations. Le climat d'ensemble est plus répressif, mais le mode de gestion est plus pervers. On a supprimé le cadre législatif au profit d'un traitement au cas par cas des situations. Il n'y a plus aucune transparence dans le mode opératoire administratif. Ces personnes se retrouvent dans un vide législatif qui les laisse sans recours. Le choix des expulsions est laissé à la discrétion des préfectures qui font ce que bon leur semble. Alors, de temps en temps, ils relachent quelques personnes aux associations pour faire baisser la pression; mais depuis trois ans, il n'y a plus aucune règle écrite. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il vaut mieux aller voir son député-maire UMP qui pourra toucher un mot à la préfecture plutôt qu'un avocat. C'est la politique du passe-droit. C'est là-dessus que nous nous battons. Nous voulons un cadre juridique clair, pas d'une administration qui juge à son bon vouloir, sans avoir le temps de vraiment étudier les dossiers.

(Le Nouvel Observateur - Propos recueillis par Raphaël LEGENDRE, mercredi 23 mai 2006)

jeudi, mai 25, 2006

L'ASCENSION DU CHRIST....UN MYTHE HISTORICISE.

Les textes évangéliques. Deux évangiles (Marc et Luc),ainsi que le livre des Actes des Apôtres mentionnent l' "ascension du Christ".
- "Le Seigneur ("kurios"), après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu" (Marc 16,v.19)
- "Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux" (Luc 24, v.51) Toutefois, les mots "et fut enlevé au ciel" ont été ajoutés par la suite!
- "Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils (les disciples) le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux" (Actes 1,v.9)
L'Evangile de Jean ne mentionne pas l'ascension de Jésus.
L'Evangile de Matthieu ne parle pas expressément de l'"ascension". Il indique seulement que Jésus "ressuscité" s'approcha des disciples sur une montagne de Galilée et leur déclara : "Tout pouvoir ("eksousia") m'a été donné dans le ciel et sur la terre" (Matthieu 28,v.18).

Le mythe. Il est établi sur trois éléments: la structure de l'univers selon les Anciens; l'élévation du Christ au ciel et son "séance à la droite de Dieu". Pour les Anciens, l'univers était composé de trois parties :d'abord, la terre comme un disque plat immobile autour duquel le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest; ensuite, le ciel au-dessus de la terre,la demeure de Dieu; enfin, sous la terre, l'enfer,le domaine des damnés.

Quarante "jours" après sa "résurrection, le "Seigneur" ("kurios") a été "enlevé" ("anélèmphtè")ou "élevé" ("épèrthè")au "ciel" ("ouranos"). En ce lieu, le "kurios" (le "Seigneur") est "assis à la droite de Dieu" et reçoit "tout pouvoir" ("eksouia")sur la "terre" ("ges")

Il est remarquable de constater que le mythe opère sur "le Christ" le transfert du pouvoir "impérial". Dans l'Antiquité, le "kurios" désigne l'Empereur ("César"); la "séance à la droite de Dieu" indique une délégation du pouvoir suprême sur "la terre habitée" (l' "oikouméné"),qui recouvrait alors l'espace de l'Empire romain ou grec! Il s'agit donc, à l'évidence, de l'opposition des "deux règnes" : celui de "César" (l'Empereur) et celui du "Christ" ("kurios Kaisar" et "kurios Iesous")!Il est ainsi affirmé que désormais, l'Empire est déssaisi de sa toute puissance pour être remise au "Christ-Seigneur" ! Tel est le mythe et telle est la réalité nouvelle : "Rendez à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui lui appartient"!

Historiquement, la fête de l'Ascension n'est apparue dans l'Eglise que vers la fin du 3ème siècle et elle s'est généralisée dans le dernier quart du 4ème siècle. Les récits canoniques de l'"ascension" ne sont donc pas des "faits historiques", mais un mythe "historicisé", car ils relèvent de l'imagination et de la représentation des premiers chrétiens. Ils sont "historiques" en ce qu'ils ont vécu dans la conscience des premiers chrétiens. Ils sont du domaine des "valeurs" (et non des "faits historiques") auxquelles la "foi" donne une "historicité". Les récits de l'"ascension" sont des mythes auxquels les premiers chrétiens ont donné une "vêture historique". Là encore, il convient de distinguer le "Christ de la foi" et le "Jésus de l'histoire"!

mardi, mai 23, 2006

ALTERNANCE OU ALTERNATIVE....

ANNEE 2007 EN FRANCE.....

A MEDITER... cet aphorisme d'un philosophe allemand du 18ème siècle :

"Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change; mais je suis certain qu'il faut que ça change pour que ça aille mieux."

Georg Christoph LICHTENBERG.

jeudi, mai 18, 2006

PAYSAGES ET JARDINS

JARDINS...Lieux de plénitude où se rejoignent toutes les forces de la nature : lumière, vie animale et végétale.

PAYSAGES...routes qui convergent vers les paillettes de la vie. Retour à l'état llibre, domination des sens, exaltation de notre centre de vie, dégustation de l'Autre et enchantment de Soi.

Dégustation de l'Autre parce qu'Enchantement de Soi. Passage secret dans les couleurs enivrantes de la vie.

Quête de la forme, enquête sur l'Etre. Danse épuisante, éreintante, corrida avec soi. Retour aux sens: olfactif, gustatif, toucher...Sens de l'orientation. Où suis-je ? Quel trouble! Pourquoi suis-je bouleversée par l'odeur de cette fleur ? Fleur qui ne cessera jamais de s'ouvrir, renouvelant sans cesse l'éventail de ses couleurs. Magnétisme odorant de l'ascnsion de l'Esprit...

"Eté : être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente ,
et survivre à cette soeur
en d'autres roses absentes". Rainer-Maria RILKE (Vergers)

La nature est si hétérogène que tout ne se perçoit pas tout de suite. Les frontières s'ouvrent doucement. Chaque jour, le jardin s'enrichit. Il devient palais des merveilles. Ressources inépuisables en la nature, en l'homme, en la Nature de l'Homme. Il fut, est et sera là. Il vit, survit, existe. Il donne, sans le savoir, une Histoire supplémentaire dans mon jardin, l'Histoire intérieure. Celle qui nous grandit et nous émeut, nous terrasse et nous souffle. Intégrer l'Autre, l'extérieur, digérer... puis s'intégrer à l'Autre, à l'Extérieur.

Gigantesque intériorité qui se cache et se profile pour vous et moi, pour ceux qui auraient aimé.

Est-ce l'Homme qui forme et déforme la Nature à son gré ? Le jardin est l'union de l'Homme et de la Nature pour mettre simultanément dans un espace délimité à un moment dooné, leurs oeuvres mutuelles en valeur...

Chacun dit qui il est, comment et pourquoi.
Un jardin dit tout de celui qui le vit, l'élabore, le taille, le fabule.

Tous les jardins donnent une image de la Nature apprivoisée : somptueuse ou misérable, terribe ou douce.

Florence COLOGNE (Paris - janvier 1998)
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mercredi, mai 17, 2006

JESUS ET MARIE-MADELEINE


Le film "Da Vinci Code", de Ron Howard, tiré du roman de l'américain Dan Brown, sortira cette semaine sur les écrans après avoir été présenté au Festival de Cannes.

Selon un récent sondage de BVA des 21-22 avril 2006, plus du tiers des Français (31%), connaissant le roman de Dan Brown sont prêts à croire qu'il s'inspire de faits réels concernant la vie du Christ.


Il suscite, cependant, une vive polémique de la part de toutes les Eglises chrétiennes qui l'accusent de porter atteinte à la vérité de l'Evangile du Christ, parce que, prenant appui sur le célèbre tableau de la Cène de Léonard de Vinci, Marie-Madeleine y aurait désignée comme le disciple "bien-aimé" de Jésus.

Se référant aux textes d'évangiles "apocryphes", datant des 3ème et 4ème siècles, les auteurs du roman et du film soutiennent que Marie-Madeleine aurait été l'épouse de Jésus. En particulier, "l'Evangile de Philippe" (datant de la seconde moitié du 3ème siècle) déclare en effet: "Et le compagnon de Marie-Madeleine...l'aimait plus que tous les disciples et avait l'habitude de l'embrasser (souvent) sur le (ou la)...Le reste des disciples...Ils lui demandaient : Pourquoi l'aimes-tu plus que nous ?" .

"Un secret planétaire va être dévoilé, menaçant le christianisme: Jésus a eu une fille, Sara, de son mariage avec Marie-Madeleine. Echappée au Sud de la France, cette descendance..s'est liée à la dynastie mérovingienne". Ce roman, "mélange dangereusement réalité et fiction - écrit Florent Varak ("Croire et Servir", n°46 - mai 2006). "L'auteur s'appuie sur des textes qui n'ont aucune fiabilité historique quant à la vie du Christ".

Jean-Claude Dubs, chargé de recherche sur les manuscrits de Qunrâm écrit, pour sa part : "Le pseudévangile de Philippe parle ainsi des noces spirituelles à propos de Jésus: "Le Sauveur avait pour compagne Marie-Madeleine. Elle était la préférée du Christ". Et voilà le grand secret - pourquit J.C Dubs - dont les traces manuscrites auraient été effacées, selon Dan Brown, mais providentiellement préservées par d'imaginaires sociétés secrètes".

Affabulation, s'écrient d'un même choeur, les Eglises chrétiennes. Il n'y a rien d'historique dans ces évangiles aprocryphes d'origine gnostique et que l'Eglise ancienne a refusé d'inscrire dans le "canon". Seuls, les quatre Evangiles "canoniques" (Matthieu, Marc, Luc et Jean) sont authentiques et ne présentent pas Marie-Madeleine comme l'épouse de Jésus qui est demeuré célibataire...

Alors ? Jésus aurait-il pu épouser Marie-Madeleine ? Sans doute, le caractère gnostique des Evangiles apocryphes, postérieurs aux "canoniques" peut poser la question d'une interprétation particulière et orientée de l'histoire du christianisme primitif.

Toutefois, les Evangiles canoniques, eux-mêmes, ne présentent pas la figure "historique" de Jésus. Ils ne donnent pas la "biographie" de Jésus qui n'a rien écrit lui-même et qui demeure un "inconnu". Les quatre Evangiles parlent de "Jésus-Christ" qui n'est pas le nom propre de l'homme "Jésus". Cette expression "Jésus-Christ" est une confession de foi. Dans son ouvrage, "Sous le Christ, Jésus" (Flammarion, 1987), Ennio Floris écrit : "Si lon cherche l'origine historique de cette expression, on constate qu'elle n'avait pas la valeur d'un nom, mais d'un jugement : Jésus EST le Christ. On lit, en effet à la fin du 4ème Evangile : "Toutes ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ" (Jean 20/31) (page 44)...."Les auteurs des Evangiles n'ont pas écrit pour nous faire connaître Jésus dans son histoire, mais pour que l'on croie au Christ" (page 44)..."Sans doute, ceux qui ont prononcé ces paroles attendaient-ils le Christ et étaient-ils liés à la personne de Jésus. Mais ayant reconnu que Jésus était "le Christ", ils ont cru que ce dernier était sur terre dans la personne historique de Jésus" (page 45).

"Jésus-Christ" est un "personnage" construit sur le témoignage des premiers chrétiens. Mais le "Jésus de l'histoire" demeure dans les quatre Evangiles canoniques un "inconnu". Ces Evangiles ont été écrits entre la fin du 1er siècle et le cours du 3ème siècle, à la fois en réaction aux controverses des autorités juives de l'époque pour lesquelles l'homme Jésus ne pouvait pas être "Dieu", et aussi en témoignage de ce que les premiers disciples ont "cru", en se fondant sur leur interprétation propre des écrits de l'Ancien Testament (la Bible juive). D'ailleurs, les Evangiles canoniques contiennent eux-mêmes de nombreuses divergences et de nombreuses "apories".

Aussi, il est difficile de prétendre que les Evangiles canoniques rapportent des "faits historiques" indéniables; mais des "faits mythisés" et des "mythes historicisés".

Marie-Madeleine a-t-elle, ou non, été l'épouse de Jésus, comme l'affirment les Evangiles apocryphes ? Pourquoi serait-ce impmopssible, s'il est vrai aussi que Jésus était un "rabbi" juif (les rabbis étaient mariés)...

Impossible donner une réponse définitive! Mais en quoi serait-elle dérangeante, même pour la foi ?

Pierre CURIE

lundi, mai 15, 2006

ATTENTION DANGER !.......

AFFAIRE CLEARSTREAM ...

Aujourd'hui, la "mise au point", le recul et le défi à la Justice française du général RONDOT, innocentant Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN,après les avoir désignés dans ses "Notes", ne serait-ce pas une tentative insidieuse pour entraver l'enquête judiciaire en cours et accroître l'obscurité de cette affaire d'Etat ? S'il en était ainsi,la démocratie serait gravement compromise en France !

dimanche, mai 14, 2006

PROJET DE LOI SARKOZY CONTRE L'IMMIGRATION

"Parce qu'il 'existe pas d'êtres sous-humains"....

Samedi 13 mai 2006, plus de 10.000 personnes ont manifesté à PARIS, de la place de la République à la place Saint-Augustin contre le projet de loi de Nicolas Sarkozy à l'appel du Collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable" (500 Associations,ONG, syndicats et partis politiques).

"Des papiers pour tous, des frontières pour personne"...

samedi, mai 13, 2006

LE NAIN UJO : l'amour impossible ?

BUNUEL et GOYA.

Comme GOYA (1746-1828) qui est l'un de ses "dieux", Luis BUNUEL est espagnol, aragonais; et l'Espagne, pauvre, ardente et tendre joue un grand rôle dans la vie et le témoignage de l'un et de l'autre : une Espagne, soumise à l'injustice, à l'oppression et à la guerre (guerre de Napoléon Ier pour GOYA, guerre de Franco pour BUNUEL). Chez l'un et l'autre, la souffrance humaine tient une grande place; et ce scandale s'exprime en eux par un refus et une révolte. GOYA et BUNUEL sont de véritable "entomologistes" de la société, disséquant impitoyablement ses tares et ses figures grimaçantes d'hyprocrisie et de mensonge.

Peut-on parler de la "cruauté" de GOYA et de BUNUEL ? Ou n'est-ce pas plutôt la société des hommes qui est féroce ? N'st-ce pas un combat sans merci qui est, alors, livré par eux, un acte libérateur de révéler cette réalité terrible qui se cache souvent sous les traits de la bienséance conventionnelle de la morale, et même de la charité ? On a dit que GOYA comme BUNUEL ont le "duende", c'est-à-dire une prise de possession sur le monde, un pouvoir de participation entre l'homme et les choses. C'est Fédérico Garcia LORCA, ami de BUNUEL, qui a dit : "le duende blesse et dans la guérison de cette blessure qui ne ferme jamais, réside l'insolite, la part d'invention de l'oeuvre d'un homme". Ce que l'on a dit de GOYA, ne peut-on pas aussi le dire de BUNUEL : ce qui fait le lien profond de leur oeuvre, la "constante", c'est l'HOMME, ses joies et ses souffrances, ses rêves et ses trivialités, ses espoirs et ses hallucinations, son ignominie et sa sainteté ?

BUNUEL a écrit : "Je demande au cinéma d'etre un témoin, le compte-rendu du monde, celui qui dit tout ce qui est important dans le réel. La réalité est multiple et peut avoir mille significations diverses pour des hommes différents. Je veux avoir une vision intégrale de la réalité; je veux entrer dans le monde merveilleux de l'incoonu...". Et ailleurs : "Si le spectateur partage les joies, les tristesses, les angoisses d'un personnage de l'écran, ce ne pourra être que parce qu'il voit le reflet des joies, des tristesses, des angoisses de toute la société, donc les siennes propres. Le chômage, l'insécurité, la peur de la guerre, etc...affectent tous les hommes d'aujourd'hui, donc le spectateur...".

Comme GOYA, BUNUEL peint la réalité avec une lucidité sans complaisance. Cette lourde présence de la souffrance, de la maladie, des tares physiques et sociales, emprisonne l'homme et, en quelque sorte, le dénature. Mais BUNUEL comme GOYA, tentent de "transcender" cette incapacité foncière et cherchent les moyens pour l'homme d'en sortir par un dépassement. L'épreuve est à la fois une injustice et un stimulant qui permet à l'homme de prendre la mesure de lui-même. Pensons aussi à BEETHOVEN sourd et à la composition de sa 9ème Symphonie qui exprime dans et au-delà de la réalité, la joie! La souffrance et l'injustice deviennent le "réactif" de la conscience. Elles suscitent le cri de révolte qui est un appel à l'humanité libérée de ses aliénations. Par elles aussi, l'homme peut exprimer une tendresse sous les figures de l'humour, et même de la caricature.

Mais au bout du compte, y a-t-il vraiment un espoir de s'en sortir ? L'homme peut-il faire autre chose qu'être dans sa peau, dans sa situation ? Dans cet élan et ce cri qui transcendent la réalité mise à vif, dans cette sorte de "foi", jaillie d'une prise de conscience, d'une tension et du tragique de la vie, de liberté, donc, au-delà du réel, et de tendresse infinie, ne garde-t-on pas quand mêmeun certain arrière-goût de tristesse qui bute au réel et s'y englue ? La seule ressource, n'st-ce plus alors que cet humour, ou cette impitoyable caricature, ou le rêve aussi, qui sont un défi et une rage intérieure, tout autant qu'un appel ? Et ce ne seront pas, sans doute, les simagrées de la "religion" qui y changeront quelque chose! Au contraire, car elles sont de nouvelles et plus tragiques formes d'aliénation; d'autres moyens plus hypocrites pour mieux engluer l'homme dans ce réel, en lui faisant miroiter une espérance illusoire.

Et cependant, cette espérance demeure chez BUNUEL et chez GOYA. Elle demeure en l'Homme; elle attend la libération de l'injustice et de l'hypocrisie. Elle appelle l'Homme à travers l'Amour. Son "destin" n'est plus un "fatalisme"; l'homme cesse d'etre le jouet du hasard. Il n'a plus à subir, mais à assumer.

LE PERSONNAGE D'UJO.

Ce réalisme lucide, sans complaisance, brutal souvent, apparaît dans l'étrange personnage, "goyesque", du nain UJO. Dans le flm de NAZARIN, le rôle du nain UJO a été confié à Jésus FERNANDEZ, un être arrêté dans sa croissance, une tête et un troc adultes sur des jambes inachevées et arquées. Il avance dans un dandinement grotesque et touchant. Parfois, il sautille, ou il a besoin qu'on le prenne à bras-le-corps pour descendre d'une murette. Il roule à terre à la moindre bousculade. Il est affublé d'un chapeau de clown sur une épaisse tignasse qui ajoute au ridicule de ce personnage en bras de chemise, dont l'aspect n'a rien de vraiment attirant. Et cependant, il arrive qu'un sourire éclaire ce visage aux yeux naïfs ou tendres. Parfois aussi, une profonde tristesse enfantine assombrit son regard.

Ce personnage d'UJO est un mélange de grotesque et de monstruosité; de beauté morale et de tendresse. Sans doute, BUNUEL a-t-il voulu exprimer à travers ce personnage sa vision, à la fois cruelle et tendre de l'être humain. Le spectateur reçoit un choc, lorsqu'il voit surgir UJO d'un champ où les tiges sont plus hautes que lui; et en même temps, quelle tendresse dans le geste du nain, distribuant ses pommes aux enfants; ou, lorsqu'accroupi à la tête d'une petite fille endormie, il pose sa main rude et déformée sur sa chevelure.

Pourquoi ce scandale, cette injustice ? Pourquoi le nain UJO est-il à la fois bon et difforme ? La condition humaine est foncièrement révoltante, puisque, non seulement la société secrète l'oppression, la haine, le mépris, la violence, mais elle produit aussi des tares physiques irrémédiables. Qui donc est responsable de cette "fatalité" ? Où est l' "espoir" d'en sortir ? Le nain UJO est d'abord ce cri profond de refus. Mais sa tendresse apparaît comme une espérance cachée au coeur de l'injustice et du scandale, et promise à l'homme comme un dépassement de sa "réalité".

UJO, ou L'AMOUR IMPOSSIBLE ?

- La rencontre du nain UJO et d'ANDARA, la prostituée. UJO vit au village où NAZARIN et ANDARA, la prostituée, tous deux coupables aux yeux de la police, de meurtre et d'incendie volontaire, seront dénoncés, arrêtés, mis en prison; enfin, de là, dirigés vers leur propre destin. A plusieurs reprises, UJO intervient dans cette partie du film; mais il existe presque exclusivement pour ANDARA. C'est à elle qu'il déclare d'emblée : "Tu es laide, tu es une fille publique, mais je te respecte et je t'estime; et pour moi, tu es belle". Le lendemain, il prévient ANDARA que NAZARIN et elle ont été dénoncés et vont être arrêtés. Une fois en prison, il lui rend visite et l'appelle sa "fiancée". Enfin, au moment où le convoi de prisonniers se met en route sous la conduite des gardes mexicains, UJO regarde tristement s'éloigner celle pour qui son coeur est débordant de tendresse; il venait de distribuer des pommes aux enfants du village.

Pourquoi cette rencontre et ces liens presque monstrueux d'UJO et d'ANDARA ? Certes, le nain n'est pas un des personnages principaux du film; mais peut-être, le film aurait-il été mutilé sans sa présence ! ANDARA est une forcenée, une folle sordide qui ne connait et n'exprime que la violence de ses passions; mais en même temps, elle cherche à comprendre avec une déconcertante naïveté, posant à NAZARIN une série de questions sur les petits mystères de la vie. ANDARA est aussi, à sa manière,difforme; et elle cache, cependant, sous sa monstruosité, une attente et un désir inassouvis.

"Tu es laide....mais je te respecte et je t'estime; et pour moi, tu es belle" ! Est-ce ce secret qu'UJO, le nain, a instinctivement pressenti ? Laideur et beauté... quelle signification, ces mots ont-ils dans ce monde réel et concret ? Le paradoxe éclate : c'est le laideron, le taré, UJO, le nain difforme et grotesque, qui devient philosophe, celui qui redonne du sens aux situations d'existence les plus incertaines. UJO, embourbé dans sa condition la plus visiblement irrémédiable, ne subit pas sa "fatalité". Il accepte simplement ce qu'il est! Il l'assume et la prenant en charge, il la dépasse, la "transcende" pour atteindre celle de l' "autre", d'ANDARA, pour la dévoiler, la mettre à nu. Cette "laideur" autre qui est aliénante, qui dénature son être et le défigure. Alolrs, dévoilant cette "laideur" autrement déformante, monstrueuse et grotesque d'ANDARA. UJO, le nain, manifeste en même temps, le respect profond de l'homme "véritable" et "beau" qui attend de prendre forme en toute créature sordide.

- Au-delà du "beau" et du "laid". Par ce personnage de nain, BUNUEL va donc plus loin que les "apparences", même les plus tragiques; au-delà du "conventionnel". En effet, au-delà, la réalité profonde est à la fois plus tragique encore et aussi promise à une libération. Au-delà du "beau conventionnel" et du "laid conventionnel", il y a l'homme sordide et l'homme délivré de ses aliénations. L'Amour, précisément, révèle le sordide profond et rend possible une humanité renouvelée et libérée. L'Amour, tout à la fois, lucidité sans concession ni complaisance et possibilité nouvelle d'exister pour l'homme et l'humanité.

UJO voit ANDARA telle qu'elle est et en espérance d'un être nouveau. Sans doute, UJO découvre-til en ANDARA ce "caractère enfantin" qui se cache au fond du sordide et du monstrueux: c'est-à-dire cet appel enfoui qui est l'antithèse du cri de révolte devant le scandale, l'injustice et la pourriture.

- La pesaneur de l'aliénation. ANDARA pouvait-elle répondre à cet appel du nain UJO ?BUNUEL semble refuser cette possibilité après nous l'avoir laissé entrevoir. Cela est conforme à la dialectique de BUNUEL de toujours remettre en question ce qui semblait acquis et ne jamais livrer véritablement "le mot de la fin". C'était le cas de NAZARIN; c'est aussi celui d'UJO et d'ANDARA, et de tous les personnages du film.

POURQUOI UJO ECHOUE-T-IL ? L'Amour échoue parce que l'aliénation demeure dans sa pesanteur. ANDARA rentre dans le groupe de prisonniers en marche vers son destin, distribuant ses malédictions et ses bénédictions à la ronde. Elle ne pouvait pas recevoir cet "amour impossible" qui ne prenait pas la figure de l' "homme fort", "dominateur"; mais qui s'exprimait dans l'homme "sans puissance et sans attrait", l' "homme maudit", le "hors-la-loi" commune. ANDARA, la prostituée, le restera : celle qui dénature l'amour parce qu'elle a faim de l "homme seigneur", pour mieux s'anéantir elle-même; alors que l'amour d'UJO aurait pu la rendre à elle-même et lui donner une nouvelle possibilité d'être.

Ainsi, l'homme demeire englué dans son "tragique". UJO avec ses tares physiques et sa laideur; ANDARA dans sa rage, sa ièvre passionnelle et son mépris. Ils auraient pu se rencontrer...Ils demeurent séparés, aliénés l'un à l'autre; la grille de la prison à travers laquelle UJO tentait désespéremment d'atteindre ANDARA en était l'image saisissante. UJO était le miroir dans lequel ANDARA aurait pu découvrir sa propre laideur et en être libérée. UJO avait surgi d'un champ de blé, ne nous dévoilant pas son "origine". Désormais, il demeurait seul sur la place du village, regardant s'éloigner le groupe de prisonniers qui détenait ANDARA; et le mouvement qu'il esquissait vers elle, restait comme suspendu, sans avenir... UJO va se perdre à nouveau dans la grisaille du village. ANDARA restera anonyme dans le groupe, s'offrant sans doute à l'un ou à l'autre au gré de ses désirs, de ses passions et de ses humeurs de l'instant.

-LE NAIN UJO ....UNE IMAGE ! Dans le film, il est le "révélateur" de la "laideur" et de la "beauté" véritables; le symbole d'une possibilité d'être homme au-delà du sordide et du monstrueux du réel de la condition humaine. Il est comme une chance offerte, non seulement comme espérance d'avenir, sans visage et sans corps; mais lui-même EST cette espérance qui surgit dans l'intime du réel et de la codition humaine. Mais il échoue dans l'immédiat, dans l'instant, en un sens comme NAZARIN a échoué lui-même. Mais aussi, comme NAZARIN qui a repris la route en serrant sur lui l'ananas qu'une femme lui a offert au bord du chemin, le regard du nain UJO, tourné vers ANDARA qui s'éloigne au milieu des imprécations et dans l'anonymat, demeure la chance toujours offerte d'un "amour impossible".

Pierre CURIE (publié dans un Cahier
cinéma du Centre protestant du Nord
en 1967)

NAZARIN, film de Luis BUNUEL (1959)

Résumé du scénario....

Trois grands moments dans l'action.

- A MEXICO. Au début de la révolution mexicaine à la fin du 19ème siècle. NAZARIN, un jeune prêtre ardent, vit dans un quartier misérable et sordide de Mexico parmi des familles en guenilles et des prostituées, une existence de renoncement, d'humilité et de charité. Il découvre la détresse d'une jeune femme BEATRIZ, séduite et délaissée par son amant, EL PINTO. Une nuit, il recueille dans sa chambre une prostituée, ANDARA, qui a blessé à mort, au couteau, sa cousine dans une rixe sauvage à propos de boutons de robe. Il la soigne chez lui quelques jours jusqu'au moment où, soupçonné d'avoir eu des rapports douteux avec cette femme (qui, elle-même, a été dénoncée à la police), NAZARIN doit quitter la ville sur les conseils prudents du vieux prêtre DON ANGEL. Pour écarter les soupçons, ANDARA met le feu à la maison.

- NAZARIN MENDIANT.Désormais, défroqué, NAZARIN erre de villages en villages. Pour se procurer quelque nourriture, il s'embauche sur un chantier; mais accusé de prendre la place d'un tre, il abandonne et poursuit son chemin après avoir provoqué une violente querelle entre le contremaître et des ouvriers du chantier. En traversant un autre village, il retrouve ANDARA et BEATRIZ, dont la petite nièce est mourante. Les deux femmes ont répandu le bruit que NAZARIN est un "saint", capable de faire un miracle. Scandalisé par la superstition des femmes du village, NAZARIN accepte seulement de prier pour l'enfant, qui guérit. Devant ces femmes en état d'hystérie, il s'enfuit encore; ais rattrapé par BEATRIZ et ANDARA, il doit se résoudre les accepter comme compagnes de route.

En chemin, NAZARIN découvre l'injustice dont l'Armée et l'Eglise se font les complices : un pauvre paysan qui avait oublié de saluer un colonel et un prêtre en difficulté de voiture, se voit humilié par ces représentants dee l' "ordre social". Plus loin, NAZARIN et ses compagnes traversent un village atteint par la peste; mais ses secours sont refusés. Inutile à tous, il reprend la route et arrive enfin dans un dernier village où il sera dénoncé et arrêté.

-NAZARIN PRISONNIER. Là, le nain UJO, personnage grotesque et émouvant, déclare son amour à ANDARA: "Tu es laide, tu es une fille publique, mais je te respecte et je t'estime". Sans succès, il poursuit la jeune femme de ses assiduités. BEATRIZ retrouve EL PINTO qui dénonce NAZARIN et ANDARA et les fait arrêter. Joints à un convoi de prisonniers, NAZARIN, ANDARA et BEATRIZ quittent le village, pendant qu' UJO, sur la place, les regarde tristement s'éloigner. Arrivé au village de BEATRIZ, EL PINTO persuade la mère de celle-ci que son ancienne maîtresse s'est éprise du prêtre. BEATRIZ s'évanouit et EL PINTO l'emmène, de nouveau, avec lui.

Pendant ce temps, dans son cachot, NAZARIN subit les outrages et les violences d'un prisonnier qui a juré sa perte. Un "bon larron" prend sa défense (mais avec une arrière-pensée intéressée) et lui déclare : "Tu n'as fait que le bien; et moi, je n'ai fait que le mal; mais au fond, ni l'un ni l'autre, on ne sert à grand'chose". Le lendemain, NAZARIN, parce qu'il est prêtre, est séparé du convoi. Il marche seul sur la route, gardé par un policier.

Partout, NAZARIN échoue. Sa vie a été inutile. Seule, une pauvre femme, marchande de fruits au bord du chemin, lui offre un ananas, que NAZARIN refuse d'abord; puis accepte en signe de solidarité humaine.

jeudi, mai 11, 2006

MA FAMILLE CURIE AU 17ème SIECLE (suite)

JEAN CURIE SECOND (1599-1660)

Il est né à Montbéliard le 4 novembre 1599, fils de Jean CURIE (dit "le Vieux") et de Thienne PAILLET. A la différence de son père, Jean (second de nom) fut tanneur à Montbéliard. Il connut avec sa famille la grande crise de la Guerre de Trente Ans (entre 1620 et 1650), marquée par les exactions des armées d'occupation, la famine et la peste. Après l'assassinat du roi de France, Henri IV, en 1610, le Comté de Montbéliard vécut sous le règnede Louis XIII, fils d'Henri IV, une période troublée, le prince Louis-Frédéric, règnant à Montbéliard.

Nouveau tremblement de terre le 20 mai 1621. Puis dès janvier 1622, Montbéliard fut me nacé par les armées du Comte MANSFELD. Le 13 mars 1622, la disette "s'est faicte de toutes choses par tout le pays, au sujet de l'argent tellement rehaussé que le povre peuple crioit après le bled es greniers de son Altesse qui a été contrainct de faire deslivrer toutes les septaines à ceux de la ville de Montbéliard, savoit aux povres nécessiteux six bichots de bled pour trois francs trois batz la quarte, et aux paysans nécessiteux six bichots par septmaine pour le mesme prix". Enfin, le 14 févier 1623, Montbéliard fut une nouvelle fois innondée.

Jean CURIE (second de nom), tanneur, épousa en premières noces Anne CUCUEL, le 10 octobre 1626. Anne CUCUEL, née le 10 septembre 1589, était la cinquième des six enfants du pasteur Samuel CUCUEL (1548-1622). En 1593, un incendie détruisit sa maison. Toute sa bibliothèque disparut dans le sinistre. Dans son testament (2 décembre 1612), le pasteur CUCUEL écrivait :"Par même moyen de legat et prevention, donnons à nostre fille Anne, non encore mariée (elle épousera Jean CURIE (2) quatorze ans plus tard), une part et portion de la contenue d'une carte de notre oiche aussi finage dudit Montbeliard, situé au lieu dit au Molle, contenant le total environ de trois quartes, entre le sieur TABELLION dudit lieu d'une part, et Claude JACQUIN d'autre : ou bien l'autre portion du curtil susmentionné, luy laissans le choix des deux..Que la ditte Véronique donne à ma fille Anne mon gonnel et ma cotte".

De ce premier mariage de Jean CURIE (2) et d'Anna CUCUEL naqirent trois fils et une fille: Adam, né le 23 mars 1630; Friederich, né le 8 mars 1632, Jean, né le 22 décembre 1636 et Suzanne, née le 29 mars 1635.

Le 28 novembre 1627, la peste se répandit encore dans tout le Pays de Mont béliard; elle durait toujours en juin et juillet 1628. Le prix du blé atteignit un taux excessif. Le peuple se nourrissait de pain d'avoine; les plus pauvres n'avaient d'autres aliments que des racines et l'herbe des prairies.

Püis à partir de 1629, ce fut l'occupation du Pays. Le 31 décembre de cette année-là, deux Compagnies d'Impériaux au nombre de six cents hommes sous les lordre du capitaine DARBOIS, vinrent prendre leurs quartiers dans le Comté de Montbéliard. Le pays leur fournit la solde et les vivres. "Nous pouvons méritoirement dire - ajoute un contemporain - que nous sommes parvenus en des temps de pleurs et de gémissements". De nouveau, le 17 septembre 1632, les habitants furent chargés de l'entretien d'une Compagnie d'Impériaux. Puis, en 1633, l'armée de Lorraine sous les ordre d'Ernest de MONTECUCULLI, commirent des dépradations et des excès en tous genres dans le Pays, illant et incendiant de nombreux villages, et menaçant Montbélaird. En 1633 encore, la Régence fit appel au Roi de France Louis XIII qui envoya des troupes de secours, qui devinrent à leur tour des troupes d'occupation. Alors, la guerre fit rage avec ses occupations successives des deux armées, française et autrichienne, dans le Pays. On pilla, brûla les villages environnants : Allenjoie, Fesches, Etupes, Exincourt... Frappés d'épouvante, les habitants des campagnes affluèrent à Montbéliard. En avril 1635, le duc de Lorraine avec 15.000 hommes occupa le Pays de Montbéliard et cerna la ville. Puis en juin 1635, la peste se répandit encore à Montbéliard et dans les environs. A Montbéliard même, il mourut 585 bourgeois, et en tout 2.000 habitants. A partir du 1er août 1637, Montbéliard et tout le Pays connurent quatre mois une maladie épidémique et contagieuse (la variole ?) qui décima la population.

Terrible époque! Jean CURIE (2), le tanneur, perdit sa première femme, Anne CUCUEL, le 15 janvier 1647. Nous ignorons dans quelles circonstances. Elle avait 58 ans et elle était de dix ans plus âgée que Jean CURIE (2).

Huit mois après le décès d'Anne CUCUEL, Jean CURIE (2) épousa en secondes noces, le 24 septembre 1647, Suzanne DUVERNOY, qui, elle-même, avait perdu son premier mari (sans doute aux environs de 1645-1647), Jean COLIN, un autre tanneur de Montbéliard, qu'elle avait épousé le 15 mai 1635. Quinze jours plus tard, le 1er juin 1635, une épidémie de peste ravageait une nouvelle fois, Montbéliard et ses environs, faisant 2.OOO morts à Montbéliard même (dont 585 Bourgeois).

De sa première union avec Jean COLIN, Suzanne DUVERNOY avait eu deux enfants: une fille (Suzanne COLIN), probablement en 1636, et un garçon (Nicolas COLIN),le 22 octobre 1641. Comment Jean CURIE (2) a-t-il connu sa seconde femme ? Jean COLIN et Jean CURIE (2) étaient tanneurs, l'un et l'autre. Peut-etre, travaillaient-ils ensemble ? A tout le moins, étaient-ils de proches voisins ? Suzanne COLIN, elle-même, était d'une longue lignée de tanneurs depuis le 16ème siècle!

Jean CURIE (2) mourut à Montbéliard le 5 juillet 1660, à l'âge de 61 ans. Suzanne DUVERNOY,sa seconde épouse, dut mourir relativement âgée, quelque temps avant le 11 mai 1683, date de la publication du testament qu'elle avait rédigé le 4 jui n 1677.

A la mort de Jean CURIE (2) en 1660, sa famille devait se composer des enfants de son premier mariage avec Anne CUCUEL, et en particulier Jean CURIE (troisième du nom), qui avait alors 24 ans (les trois autres enfants de ce mariage, Adam CURIE, Friederich CURIE et Suzanne CURIE, devaient avoir respectivement, 30 ans, 28 ans et 25 ans). De son second mariage avec Suzanne DUVERNOY, Jean CURIE (2) Pierre CURIE avait alors 12 ans et George CURIE, 6 ans.

Du premier mariage de Suzanne DUVERNOY avec Jean COLIN, leur fille aînée Suzanne COLIN épousa Jean CURIE (troisième du nom) le 29 mai 1660, environ deux mois après le décès de son père, Jean CURIE (2), le tanneur. Mais qu'était devenu Nicolas COLIN, fils cadet de Suzanne DUVERNOY et Jean COLIN, qui avait 19 ans à la mort de son "beau-père" (Jean CURIE 2) ?

Après son mariage avec Suzanne DUVERNOY, Jean CURIE (2), le tanneur, a connu une partie du règne du Prince Léopold-Frédéric (1631-1662) et de George II (1662-1669) : période plus calme que la précédente sousle signe du traité de paix de Westphalie (26 octobre 1648) entre l'Empereur d'Allemagne, la Suède et la France, et qui entraîna le départ de Montbéliard, le 11 juillet 1650, de la garnison française: ce qui donna lieu à de grandes réjouissances à Montbéliard, le 21 juillet. "L'on fit deux presches es esglises du Conté à l'honneur de la paix, et a-t-on tiré canon et jetté force fusées en manière de feux de joye". On recommença à sonner la cloche pour fermer les portes de la ville, à crier les "heures accoutumées", "à faire les gardes des portes par guet". Toutes les redevances seigneuriales furent remises à la population. Néanmoins, l'occupation française laissa le Pays désert et ravagé. On peut lire dans les "Ephémérides" de Charles DUVERNOY, ces paroles terribles : "La plupart des sujets ne vivoient plus que de glands, racines et charognes, jusqu'à ne s'abstenir (chose terrible) même de la chair humaine".

mardi, mai 09, 2006

A l'Ecoute

Mon Blog est renouvelé...

Une erreur de manipulation m'a fait déconnecté mon premier Blog "A l'Ecoute"... J'ai dû ouvrir un nouveau Blog.. Il conserve le même titre, bien que le "modèle" soit différent.